Tu te jettes en pleur avec fracas et joie.
Chaque goutte de ton corps se réunit dans ce beau bassin bleu.
Tu files comme l’éclair à travers d’énormes rochers
Qui cachent les amants du dimanche.
Par delà des sentiers perdus que seuls les privilégiés connaissent
Ton bruissement raisonne.
Tu dévales, comme un chant paisible, rafraîchir les baigneurs.
Grâce à cette muraille de pierres et de feuillages droits comme des soldats,
Ta timidité et ta pudeur sont à l’abri des regards trop curieux.
Mais moi, la fille créole à la peau bronzée, d’un pas confiant
Je descends te rejoindre, avec fierté et orgueil.
Je me jette dans tes bras, pour y dévoilée mon corps.
Libre de toute contrainte, tu captures les secrets de mon âme.
Car ton eau pure et claire, tu le sais, les laves de toute souillure.
L’enlacement de nos corps suffit à évaporer mes ennuis.
Tes nuées sont pareilles à une caresse, elle essuie mes larmes de peur
Et les engorge de vie.
Cependant quand survient la nuit,
Le chant des âmes perdues a remplacé le chant des oiseaux,
Tes bras deviennent froids et hostiles à toute étreinte,
Tu dévoiles une onde lugubre. Les baigneurs s'éloignent sans se retourner.
Est ce un moyen de réclamer ta solitude, ta liberté ?
De reprendre possession de ton lieu ?
Mais ta liberté est restée intacte, je te rassure,
Malgré ce court emprisonnement.
Même si tu te sauves comme un esclave en fuite
Jusqu’à la mer, pour découvrir d’autres horizons…
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